C'est à un café au goût amer auquel ont eu le droit 12.000 employés américains de chez Starbucks, lorsqu'ils ont appris en fin de semaine dernière que la chaîne de cafés de Seattle avait décidé de réduire ses implantations. En effet, ce sont pas moins de 600 magasins sur un total de 11.000 à l'échelle américaine, qui vont devoir mettre la clef sous la porte. Il faut dire que depuis 2004, le géant du café avait doublé sa taille outre-Atlantique mais aussi que 70% des locaux qui vont fermer d'ici quelques semaines, ont été ouverts au cours des trois dernières années.

Au premier trimestre 2008, Starbucks a annoncé une chute de 28% de ses bénéfices aux Etats-Unis, signe que les consommateurs américains ne sont pas insensibles à la flambée des prix du pétrole ou celle des aliments. Malgré ses résultats mitigés aux Etats-Unis, le leader mondial de la distribution et de torréfaction de café, prévoit d'élargir son développement sur le continent européen - qui a commencé en 2001 en Suisse à Zurich- avec l'ouverture prochaine de salons de café en Belgique. La question qui se pose dans ce mini-fiasco, est de savoir si le développement a été mal contrôlé ou si les produits vendus par l'enseigne sont trop chers par rapport à la concurrence dans la conjoncture actuelle ?

Bien qu'ils poussent comme des champignons dans les grandes capitales telles Paris ou Londres, les salons de café Starbucks ne sont pas victimes de leur surnombre, mais plutôt des prix qu'ils affichent. En effet, en vous rendant dans un Starbucks parisien, vous constaterez que votre café vous coûtera entre 4 et 6 euros selon la taille du gobelet, à quoi il faut ajouter 2 à 3 euros pour s'offrir une pâtisserie. Alors certes, les tarifs affichés par le cafetier américain ne sont pas attractifs pour tous, mais comme en France Starbucks n'a pas réellement de concurrence sur ce secteur, il n'est pas prêt de boire la tasse.