Ce week-end on fête l'arrivée du Printemps et toutes les joies que cela comprend : le retour du beau temps, les terrasses de café bondées et l’arrivée des tulipes dans les jardins ensoleillés. A la liste de ces joies printanières, il faudrait peut-être en ajouter une, qui concerne directement tous les amoureux des salles obscures. En effet, à partir de demain dimanche et jusqu’à mardi soir, la place de cinéma sera vendue au tarif unique de 3,50 euros. L’édition 2009 du Printemps du Cinéma sera d’ailleurs l’occasion, de célébrer le dixième anniversaire de cette opération promotionnelle spéciale, qui d’année en année a remporté un franc succès chez les spectateurs de 7 à 77 ans.

Yoyo des prix

Néanmoins, en dehors de cette période festive pour le septième art, le cinéma coûte bien cher, trop cher malgré une TVA de 5,5% qui s’applique au même titre que sur les livres ou les disques. Sans compter qu’en France au cours des vingt dernières années, le prix du billet de cinéma a connu une hausse de 53%, alors que le coût de la vie a pour sa part augmenté de 41% sur la même période. Alors à qui la faute ? Aujourd’hui, en en vous rendant dans deux salles de cinéma différentes, il se peut que le prix du billet de cinéma aille du simple au double. 5,50 euros à Montpellier, plus de 10 euros sur les Champs Elysées, les prix sont libres et fixés selon les subventions accordées aux salles. En décembre 2001, un mois avant la mise en circulation de l’euro, auriez-vous payé 65 Francs une place de cinéma ? A ce prix là, il n’y a pas que vos pop-corns qui sont salés ! Très franchement, 3,50 euros ne serait ce pas le « juste prix » pour aller au cinoche ? Car malgré leur amour pour le cinéma, tous les cinéphiles n'ont pas un budget à rallonge, et donc le surplus qu'il laissent dans le prix de leur billet de cinéma, ils auraient pu le consommer pour acheter des livres, des CD ou d'autres produits culturels.

Paradoxe du succès

Mais au delà de toutes données chiffrées, il existe un paradoxe dans cette affaire. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le cinéma se porte plutôt bien en France, même très bien. Téléchargements, streaming et autres vidéos à la demande, ne mettent pas le cinéma en danger tant qu’on le croit. On a pourtant estimé à 100 millions le nombre d’œuvres cinématographiques qui ont été piratées en 2008. Même la crise économique n’y fait rien, au contraire les affluences sont grandissantes, le cinéma serait-il alors devenu une sorte d’antidépresseur pour certains ? Selon les derniers chiffres, en janvier 2009 la fréquentation des salles obscures a augmenté de 3,8% par rapport à la même période de l’année précédente. Avec de tels chiffres, la France ne remporte pas la Palme d’Or, mais demeure tout de même le 3ème plus grand pays consommateur de cinéma au monde, juste derrière l’Inde et les Etats-Unis.