Facebook vous connaissez ? 4 consonnes et 3 voyelles qui ont révolutionné les habitudes de consommation des plus jeunes d’entre nous au cours des dernières années. Cela doit forcément vous dire quelque chose, à moins bien sûr que vous ayez passé vos cinq dernières années dans un champ de coton en Patagonie. Aujourd'hui, lorsqu'on vous demande si vous avez un profil Facebook et que vous faites les grands yeux, c'est probablement que vous n'êtes pas encore entré de plain-pied dans le XXIème siècle. Mais si c'est votre cas, pas de panique. En bref et en guise de cours de rattrapage, retenez seulement que Facebook c’est un réseau social de 150 millions utilisateurs répartis sur les cinq continents. Et si vous êtes vraiment fan de statistiques, sachez aussi que le « Facebookien moyen » a 120 amis, qu’environ 850 millions de photos sont partagées chaque mois sur le réseau et enfin last but not least, mais seulement pour les connaisseurs cette fois-ci, 15 millions d’utilisateurs comme vous peut-être, changent leur fameux statut Facebook au moins une fois par jour.

Génération moutons

Mais au delà du succès fulgurant de ce réseau social qui a conquis la planète entière en à peine quelques années, les premières interrogations à propos de son utilisation tombent. A l’Université d’Oxford en Grande-Bretagne, Susan Greenfield, Professeur de Pharmacologie s’est intéressée à la question. Et son verdict est sans appel. Elle s’étonne avant tout de la « facilité avec laquelle certains jeunes perdent leur propre identité pour appartenir à la communauté Facebook ». On suit le troupeau, c'est l'effet de masse qui l'emporte sur l'individuel. Pour le Pr. Greenfield, une partie du succès de Facebook se justifie par le fait qu' « on se sent parfois écouté, reconnaissable et valorisé par les autres ». Néanmoins, elle craint que certains Facebook addicts, puissent « perdre leurs repères en oubliant où se trouve la frontière entre le virtuel et le réel ».

Net réalité

Mises à part ces études scientifiques, le cas Facebook doit nous permettre de soulever une seule et véritable question. En considérant Facebook comme une sorte de drogue, certains utilisateurs n'oublient-ils pas tout simplement de penser ? Bien souvent lorsqu’on interroge les Facebook(ienne)s sur ce qui les pousse réellement à rester connecté(e)s des heures entières sur ce réseau social, le fait de faire passer le temps est une des principales motivations. Dès lors, Facebook ne serait-il donc pas devenu une simple évolution du concept de télé réalité, adaptée au net ? Le voyeurisme est passé à son paroxysme : tout le monde sait ce que les autres font, avec qui, à quel endroit et pourquoi… 14:02, j'apprends qu'entre Alexandre et Mélanie c'est fini ... 15:13, Emilie informe ses amis qu'elle a une nouvelle coupe de cheveux ... 16:22 : Charlotte est partie courir ... 17:37, scoop de dernière minute : Sophie bronze dans son jardin et mange une glace, hautement passionnant me direz-vous.

Le paradoxe Facebook

Alors certes ces quelques exemples sont peut-être un peu caricaturaux, mais la réalité est vraiment très proche, les gens adorent raconter leur vie sur la place publique toile ! Sauf que sur Facebook, les gens se rencontrent par écrans interposés. Et le concept est un paradoxe en lui-même, car d'un côté il vous rapproche de vos connaissances qui habitent à l'autre bout du monde, et de l'autre il vous éloigne de votre entourage le plus proche. Le décor est préfabriqué et un grand nombre de ses utilisateurs cliquent passivement et inlassablement, sur les mêmes boutons comme des moutons à longueur de journée. Et pour vous, si Facebook disparaissait demain, que seraient les rapports humains ?

P.S. Malheureusement, la petite histoire ne nous dit pas si le Pr. Greenfield travaille déjà sur un traitement de désintoxication Facebook, alors un bon conseil Facebookez avec modération !